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Sous ce titre énigmatique qui ne manquera pas de rappeler des souvenirs (bons ou mauvais) aux adeptes du HU lorsqu'ils touchent J5s se cache en fait la traduction française de My 50 most memorable hands de Doyle Brunson. La couverture est à l'image du livre tout entier, classieuse et presque totalement noire et blanche. Contraste saisissant avec les autres livres "Poker Expert" dont les couv' sont autrement plus flashy et exubérantes. Mais comme le chantait Aerosmith dans un titre devenu classique (et à propos de tout autre chose en fait...), "don't judge a book by its cover". Ce bon vieux Steven Tyler ayant comme toujours raison, plongeons-nous sans plus attendre dans ce mince ouvrage.
J'ai dit mince ? A la fois non et oui. Non car un bouquin de poker de près de 290 pages en 17x24 a toujours ce je-ne-sais-quoi qui intimide le lecteur potentiel et qui tend à forcer son respect. Mais oui quand même car si on le compare au reste des produits Poker Expert, force est de constater qu'on est très loin de l'épaisseur d'un Poker Cadillac, d'un Poker Code ou de celle de la future traduction de Super System 2, qui devrait allégrement dépasser les 700 pages. Un rapide feuilletage du livre achèvera de convaincre en ce sens, les 80 dernières pages étant composées de suppléments plus ou moins intéressants dont au moins une quarantaine de glossaire, publicités, table des matières et pages de "notes". Voila qui pourra faire grincer quelques dents mais passons...
Ce qui frappe immédiatement à la lecture, c'est la pluralité des pokers exposés. Car notre texan préféré n'a bien entendu pas uniquement pratiqué le NLHE. Des exemples de mains en draw, en stud, en omaha, en deuce to seven, en tournoi ou en CG alternent avec le plus célèbre hold'em. De quoi attirer la curiosité des non familiers avec ces variantes. Je ne serais pas surpris d'apprendre que la lecture de cet ouvrage pousse bon nombre de joueurs à essayer ces pokers, par curiosité ou pour "voir ce que ça donne".
Un autre aspect de ces mains est qu'elles sont mémorables. Vous me direz que je n'ai pas fait ici une grande découverte étant donné que la couv' le mentionne elle-même, mais je me permets d'insister sur ce terme. Elles sont mémorables. Certaines juste pour les petites histoires qui les entourent (toujours pittoresques, texas style inside) mais d'autres parce qu'elles défient purement et simplement les probabilités, la logique ou parce qu'elles provoquent des décisions que l'on pourrait qualifier, selon sa sensibilité, d'absolument géniales ou de donkissimes au dernier degré. Bien qu'elle ne soit pas facile à décerner, la palme de platine (l'or est si surfait à ce niveau de jeu...) revient peut-être à la main n° 7 et à sa conclusion que je vous laisse découvrir. Mon logiciel PokerStove a failli en planter mon PC de stupéfaction, alors coeurs sensibles s'abstenir...
Ce livre atypique est en fait assez proche du Every hand revealed de Gus Hansen, récemment traduit aussi. Tous deux ont ce même concept de présenter des mains et les décisions qu'elles ont provoquées, à ceci près qu'ici les mains n'ont aucun rapport entre elles alors que dans l'ouvrage de Hansen, elles se situent toutes dans le cadre homogène d'un seul et unique tournoi, où chaque coup et chaque dénouement influe forcément sur le suivant. De fait, ce dernier livre a une cohérence d'ensemble que n'a pas Poker 50/50. Mais celui-ci a une saveur bien à lui, tout à la fois déroutante et délectable que n'a pas Chaque main révélée.
Reste le prix, 25 ¤, qui pourra lui aussi faire sourciller. C'est certes 25 % de plus que les 20 ¤ demandés pour Chaque main révélée, mais c'est surtout beaucoup plus que les quelques 15 $ auxquels est vendue la VO. La rançon de pouvoir lire le grand Doyle dans la langue de Bruel peut-être...
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