Même s'il se satisfait d'un Produit Brut des Jeux (PBJ) de 314 millions d'euros pour le poker en ligne en 2011, Jean-François Vilotte ne dissimule pas les chiffres qui font mal. Car si le tableau est plutôt rose au niveau des tournois, les tables de cash game se portent en revanche un peu moins bien.
Au rayon des bonnes nouvelles, le Président de l'ARJEL souligne un "fort engouement pour les tournois de poker". En un an (comparaison des 4e trimestres 2010 et 2011), les droits d'entrée ont augmenté de 24 %, alors que le nombre de comptes-joueurs actifs a dans le même temps progressé de 16 % (sont considérés comme actifs les comptes ayant engagé au moins une action de jeu sur la période).
Pourtant, le PBJ global des opérateurs enregistre un recul de 6 % par rapport au 4e trimestre 2010. Avec un chiffre d'affaire de 76 millions d'euros entre le 1er octobre et le 31 décembre 2011, il atteint même son plus bas niveau historique (exception faite du 3e trimestre 2010, celui de l'ouverture et du développement du marché).
Les causes de ce bilan en demi-teinte sont à chercher du côté du cash game : en un an, le montant des mises a ainsi diminué de 3 %, tandis que le nombre de comptes-joueurs actifs affiche une baisse de 10 %.
La proportion la plus importante de déserteurs se cache parmi les joueurs récréatifs. L'ARJEL indique en effet que les joueurs misant entre 0 et 300 € par trimestre (soit les moins dépensiers) constituent la seule catégorie en recul (- 17 % de comptes actifs). Des chiffres de nature à soulever des inquiétudes quant à la pérennité de l'écosystème.
À l'inverse, le nombre de joueurs engageant plus de 100 000 € par trimestre passe en un an de 1 889 à 2 665 (pour rappel, une somme est considérée comme "engagée" dès lors qu'un joueur la met en jeu en rejoignant une table de cash game, indépendamment des coups qu'il dispute par la suite). À titre de comparaison, en tournois, le nombre de joueurs misant plus de 50 000 € par trimestre est aujourd'hui de 374, contre 540 il y a un an.
La part de ces joueurs — communément qualifiés de regs — dans l'économie du poker en ligne est reconnue comme importante. C'est particulièrement le cas en cash game, discipline dans laquelle 1 % des joueurs génèrent 61 % du total des mises (et dans laquelle 10 % des joueurs génèrent 91 % des mises).
D'une manière plus générale, les amateurs de poker représentent aujourd'hui 52 % de l'ensemble des joueurs en ligne français. La moitié d'entre eux mise moins de 30 € par mois en cash game et moins de 10 € par mois en tournois. La proportion de joueuses est par ailleurs en légère augmentation (11 % contre 9 l'an dernier).
Enfin, du côté des rooms, les cordons de la bourse ont logiquement été resserrés après une ouverture menée tambour battant. En un an, leur budget médias a été divisé par deux (46 millions d’euros au 4e trimestre 2011 contre 93 millions au 4e trimestre 2010).
L'ARJEL note à ce sujet que "les opérateurs ont massivement délaissé l’achat d’espace dans les médias grand public (baisse de 56% des investissements publicitaires en presse, télévision et radio) pour se recentrer sur des opérations plus ciblées sur internet, telles que l’affiliation et le référencement, auxquelles les opérateurs ont consacré près du quart de leur budget marketing au cours du dernier trimestre de l’année."



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