Il y a un mois, Daniel Negreanu craquait à la bulle la plus importante de l'année (jusqu'au Big One for One Drop). En étant éliminé à la 4e place du 250 000 $ Challenge de l'Aussie Millions, il voyait en effet s'envoler un chèque de 800 000 $.
Et même lorsque l'on affiche 15 millions de dollars de gains en tournois, la pilule peut être difficile à avaler : "Je me souviens m'être réveillé le lendemain matin un peu anxieux. Ca faisait une éternité que je n'avais pas ressenti ça".
Chipleader à 5 left, il explique s'être peu à peu fait rattrapé par la structure. Confronté une élimination plus tard à Gus Hansen, Phil Ivey et Patrik Antonius ("les gars des pubs pour la Onyx Cup"), il dut se résoudre à engager son tapis avec A8 et fut victime de la paire de valets de Patrik Antonius.
Mais le membre du Team PokerStars s'attarde surtout sur ses retrouvailles avec Phil Ivey : "J'ai eu la chance de jouer à nouveau avec lui, à la fois durant le main event et les deux high rollers. C'était motivant. Et on a plus parlé stratégie à cette occasion qu'on ne l'avait jamais fait auparavant."
À ce sujet , il confie avoir bénéficié de conseils qui devraient l'aider sur le circuit à l'avenir : "Phil m'a rappelé que je lui avais appris quelques trucs il y a des années, à propos des tournois. À l'époque, il n'était pas vraiment un joueur de tournoi, mais un grinder de cash game qui avait besoin de quelques ajustements sur son approche du jeu en tournoi. Certains des concepts dont on avait discuté l'ont aidé à améliorer ses résultats et il m'a retourné la faveur à Melbourne. Il y a des trucs qu'il fait différemment. Maintenant, certaines choses sont plus claires pour moi et je suis impatient de rejouer un tournoi."
À la fois admiratif et respectueux de son confrère, il s'enthousiasme également à propos de son retour gagnant aux tables : "J'ai trouvé qu'il avait très bien joué. Il était vraiment concentré et motivé. Le monde du poker est bien mieux avec lui et il semble parti pour une grande année 2012, ce qui devrait plaire à tous les amateurs de poker".
Tous les anciens membres de Full Tilt Poker ne trouvent cependant pas grâce aux yeux de Negreanu. Ray Bitar, Howard Lederer et Chris Ferguson sont ainsi les destinataires de propos très virulents : "Ils me dégoûtent [...] Ray est un bouffon. Howard est arrogant et condescendant. Chris est un menteur. Ils n'ont jamais été mes amis et je ne me suis jamais soucié d'eux. Je ne leur ai jamais fait confiance."
La différence de traitement qu'il réserve aux grandes figures de l'opérateur déchu, le Canadien la justifie par leur attitude et les décisions qu'ils ont prises : "Pourquoi sont-ils différents du reste de l'équipe ? Ces trois hommes faisaient partie du bureau et ils prenaient toutes les décisions. Ils ont récupéré des millions de dollars au détriment des joueurs et personne n'a jamais revu l'argent. J'espère ne plus jamais voir aucun d'entre eux aux WSOP et j'espère qu'ils vivront dans la honte pour le restant de leurs jours".
Enfin, il revient également sur la mésaventure qu'il a subie à son retour d'Australie : un hacking de son e-mail. "Ma principale crainte était de voir des mails privés exposés. Je n'ai vraiment rien à cacher, mais il y a des trucs personnels à propos d'autres personnes et je me serais senti mal si c'était sorti", précise-t-il d'abord.
Mais finalement, le hacker s'est contenté de se connecter sur son compte PokerStars et de disputer quelques mains, sans même transférer d'argent à un compte en particulier. En résulte une perte sèche de 61 000 $ (aucun traitement de faveur ne lui aurait été accordé par PokerStars, dont la responsabilité n'est pas en cause) que Negreanu relativise avec humour : "Dans la mesure où j'avais d'une certaine manière perdu un million quelques jours plus tôt, 61 000 $ ça ne faisait pas si mal".



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