Après plusieurs années difficiles marquées par la crise, la situation s'améliore sensiblement à Las Vegas. Les touristes sont de retour et, surtout, les revenus du jeu repartent peu à peu à la hausse.
Le Las Vegas Review Journal rapporte toutefois l'existence d'un problème qui pourrait obscurcir le ciel économique de la ville. Cette épée de Damoclès, c'est le poids de la dette accumulée par les principaux casinos.
Une récente analyse de Moody's, la désormais célèbre agence de notation, identifiait ainsi Caesars Entertainment et MGM Resorts parmi les entreprises les plus endettées du pays. Point question de triple A ici, les deux géants du Strip étant notés Caa2.
Mais Caesars et MGM ne constituent pas des cas isolés : l'ensemble des casinos du Nevada auraient accumulé plus de 50 milliards de dettes ces trente dernières années. Un record qui ponctue une hausse continue depuis le début des années 80.
Selon Moody's, les principaux groupes vont donc dans les prochaines années se trouver confrontés à un challenge de taille, d'autant que la reprise économique demeure à ce jour relativement timide.
Dans ce contexte morose, le boom qui perdure à Macao — où les grands noms de l'industrie casinotière sont les mêmes que dans le Nevada — prend des allures de bouffée d'oxygène. Le mois dernier, les revenus du jeu y ont augmenté de 35 % par rapport à janvier 2011, soit une progression dans la continuité de celle enregistrée durant un an.
Mais puisque même à Macao les analystes prédisent un prochain ralentissement de l'activité, les géants américains ont décidé de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. Le Las Vegas Review Journal se fait aujourd'hui le relais de leur quête d'une nouvelle terre promise.
Dans cette perspective, Singapour fait à la fois office de laboratoire et d'exemple. Les deux casinos de la Cité-État, ouverts en 2010, génèrent actuellement six millards de revenus annuels. Nettement moins que les 33 milliards affichés par Macao, mais déjà autant que l'ensemble des casinos de Las Vegas.
Japon, Viêt Nam, Corée du Sud, Philippines, Thaïlande... telles sont donc peut-être les futures destinations favorites des "gamblers". Depuis plusieurs mois, la plupart des grands casinotiers y dépêchent en tout cas des émissaires.
Le Pays du Soleil Levant semble pour l'heure en pole position. En 2009, une étude de l'Université d'Osaka estimait à 44 milliards de dollars les potentiels revenus annuels. Il faudra cependant encore plusieurs années avant de voir sortir de terre les cousins nippons du Venetian ou du Caesars. Sans doute à l'horizon 2018, selon les analystes.
Car si un véritable consensus politique s'est dégagé parmi les responsables japonais — qui envisagent l'industrie du jeu comme un stimulus pour remédier au déclin touristique du pays — un délai de deux ans pourrait être nécessaire avant que le législateur ne passe à l'action.
En attendant, les industriels patientent donc en plaçant leurs billes dans les contrées voisines. À une centaine de kilomètres d'Hô Chi Minh, le Viêt Nam devrait l'an prochain accueillir le Hô Tram Strip, une avenue sur laquelle sera notamment érigé le jumeau du MGM Grand.


























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