jeudi 5 janvier 2017 à 10:13

À partir du 11 janvier et jusqu'à la fin du mois, quatre spécialistes de heads up affronteront Libratus autour de tables de poker. Le nouveau champion de l'intelligence artificielle est une version améliorée du logiciel Claudico, développé par les équipes de la Carnegie Mellon University. En avril 2015, une première confrontation s'était pour rappel soldée par une victoire assez nette des joueurs.

Dong Kim
(crédit photo : Carnegie Mellon University)

En 2016, l'intelligence artificielle s'est mesurée aux champions de go avec la réussite que l'on connaît. En mars dernier, le logiciel AlphaGo développé par Google DeepMind terrassait le Sud-Coréen Lee Sedol et confirmait le pas de géant réalisé par la communauté scientifique.

 

Mais le go, comme les échecs et leurs mémorables passes d'armes entre Garry Kasparov et Deep Blue il y a vingt ans, fait partie des jeux de stratégie combinatoire abstraits. Tous les éléments de la partie sont connus et le hasard n'intervient pas. La machine sera-t-elle bientôt capable de rééditer ses performances sur des terrains de jeu à information incomplète et imparfaite ? Les équipes de DeepMind en affichent en tout cas l'ambition : selon Numerama, leurs prochains objectifs se nomment StarCraft II, Hearthstone ou encore Magic.

 

Et le poker dans tout ça ? Là encore, les exemples de duels entre l'homme et la machine ne manquent pas. On pense à Polaris, vaincu sur le fil par Phil Laak et Ali Eslami en 2007 avant de prendre sa revanche un an plus tard face à des joueurs de standing inférieur. On songe également à Cepheus, le roi du Limit Hold'em Heads Up, ou encore à Tartanian7, qui en 2014 avait remporté haut la main le championnat annuel organisé par l'Association pour le développement de l'intelligence artificielle.

 

L'épisode le plus récent, néanmoins, date d'avril 2015. Intitulé Brains vs AI, l'événement avait opposé quatre spécialistes renommés de No Limit Hold'em Heads Up (Doug Polk, Bjorn Li, Jason Les et Dong Kim) au dénommé Claudico. Ce logiciel développé par le professeur Tuomas Sandholm et les équipes de la Carnegie Mellon University (Pennsylvanie) était le descendant direct de Tartanian7. Il n'était toutefois pas parvenu à donner le change sur la durée : au terme de 80 000 mains disputées sur la base de caves de 20 000 $ et de blindes 50 / 100, son bilan s'était avéré négatif de 732 713 $ (une marge significative, mais à l'époque interprétée par les organisateurs du défi comme "un match nul statistique" sur le plan scientifique).

Tuomas Sandholm

Ce programme et son prédécesseur n'ont pas toujours un jeu conventionnel. Ils réalisent des moves que les spécialistes humains ont tendance à estimer très mauvais. Les bots peuvent par exemple limp entre 7 et 16 % du temps. Le donk bet est aussi très courant.

[...]

Les algorithmes déterminent leur propre façon de jouer en fonction des règles. Nous ne leur fournissons aucune donnée sur le style de leurs adversaires. Ils jouent comme des Martiens, ils créent leur propre stratégie.

Près de deux ans plus tard, le professeur Sandholm est prêt à présenter sur le ring un nouveau champion : Libratus. À partir du 11 janvier, le logiciel fera étalage de ses progrès dans un match de 120 000 mains face à une équipe de quatre joueurs. Parmi les champions de l'espèce humaine, on retrouvera deux protagonistes du précédent affrontement (Dong Kim et Jason Les) accompagnés de deux nouveaux venus (Daniel "dougiedan" McAulay et Jimmy "fortheswarmm" Chou). Organisés au Rivers Casino de Pittsburgh et étalés sur près de trois semaines, leurs duels feront l'objet d'une retransmission en direct sur Twitch, précise le site The Verge. L'événement aura par ailleurs droit à un petit enjeu financier : en cas de succès, les joueurs se partageront une cagnotte de 200 000 $.

 

Alors, Libratus réussira-t-il là où Claudico a échoué il y a deux ans ? Au-delà des progrès attendus de l'intelligence artificielle dans l'intervalle, le casting de cette revanche est également de nature à faire planer le doute sur les chances de l'équipe humaine. En avril 2015, la victoire des joueurs s'était pour rappel bâtie sur des performances remarquables de Bjorn Li (+ 529 000 $) et Doug Polk (+ 213 000 $). Dans le même temps, Dong Kim avait lui enregistré un bénéfice anecdotique tandis que Jason Les n'était pas parvenu à résorber un déficit de 80 000 $. Dans ces conditions, l'absence annoncée des deux héros du premier round — quels qu'en soient les motifs — est assurément un coup dur.

Jason Les

Je suis très impatient de voir ce que ce nouveau logiciel a dans le ventre. Je trouvais déjà que Claudico était difficile à jouer. Compte tenu des moyens et des idées déployés par le professeur Sandholm et son équipe lors de ces vingt derniers mois, je m'attends à une grosse adversité.

Vos commentaires sur cette news dans le forum :
Brains vs AI : Libratus défie quatre champions de poker en heads up
Cette news a suscité 316 commentaires, et seuls les 15 derniers sont affichés.
il y a une heure, nicorama a écrit :

Libratus a déjà joué des milliards de main contre elle-même justement pour trouver tous les points d'équilibre.

   La revanche du sexe faible! 

 

il y a une heure, jou0eur a écrit :

comment t'expliques que son rendement soit si important ? les joueurs etaient ils si loin de ces points d'équilibre ?

 C'est aussi ce que je me demandais, et si on faisait fausse route dans notre approche d'un optimum? 

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Oui l'humain est complètement à chi** en général dans les recherches d'équilibre au poker.

 

Notamment parce que plein de sizings sont tout le temps contre-intuitifs en raison de l'inertie présente dans la façon qu'a tout le pool de jouer certains spots.

 

Exemple typique, tous les humains CBet small les boards genre 229 dans quasiment toutes les situations. Pourtant c'est un type de board (parmi d'autres) qui nécessite plusieurs betsizings, et généralement au moins un sizing d'overbet.

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Pourquoi est-ce que ce board "nécessite" plusieurs sizings si l'application correcte de la stratégie théorique optimale est impossible pour un humain ?

Même si le GTO demande 3 sizings dans plein de situations, c'est pas pour autant qu'on doit s'efforcer de suivre ses préceptes si ça implique qu'on joue encore moins bien qu'avec un sizing au final.

La nécessité elle vient de maximiser son EV d'humain à humain, si je joue parfaitement une stratégie à un seul sizing je vais faire beaucoup plus de profit qu'essayer de copier Pio et ses 3 sizings (pour faire n'importe quoi au final).

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Il y a 13 heures, ArtPlay a écrit :

Notamment parce que plein de sizings sont tout le temps contre-intuitifs en raison de l'inertie présente dans la façon qu'a tout le pool de jouer certains spots.

Pas certains spot, énormément de spots!  Une grande partie des sizing pré et post-flop est conventionnelle ou au moins une part de chaque sizing tient plus de la convention que de la raison. 

Biens sur Libratus n'a aucune raison de suivre des conventions humaines.

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Citation

La nécessité elle vient de maximiser son EV d'humain à humain, si je joue parfaitement une stratégie à un seul sizing je vais faire beaucoup plus de profit qu'essayer de copier Pio et ses 3 sizings (pour faire n'importe quoi au final).

This et c'est pareil pour la machine. Son interet c'est pas de jouer le meilleur coup dans telle situation, mais de remporter le plus possible d'argent à partir de l'ensemble de toutes ses mains. Si villain est un crétin total qui joue pour perdre. Libratus ira marger avec ses 72 aussi.

na0sh

je ne sais pas la fermer c'est un truc incroyable.

Modifié (le) par jou0eur

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J'arrive un peu après la bataille (une de mes grandes spécialités) et ai suivi toute cette histoire de loin.

 

Mon humble avis -  lequel n'a pas changé malgré ce résultat récent - est que les meilleurs joueurs feront encore pas mal de résistance face aux meilleurs programmes et autres bots en NL Holdem. Pour une raison essentielle : avant d'être un jeu de stratégie et un jeu mathématique, le NLHE est avant tout, surtout, d'abord et essentiellement un jeu mental et un jeu d'adaptation.

En d'autre terme, c'est un jeu où le QE (quotient émotionnel) est plus important encore que le QI, la puissance de calcul et autres capacités analytiques. C'est d'ailleurs, probablement, l'une des raisons pour lesquelles aucun des meilleurs joueurs d'échecs au monde n'a cartonné durablement au poker.

 

Ce qui fait la différence dans ce jeu de m.., pardon dans ce jeu si passionnant et populaire, c'est moins nos capacités stratégiques (lesquelles ne sont pas négligeables pour autant) que nos capacités d'adaptation et de résistance mentale. 

Pour schématiser, au poker, il vaut mieux être un stratège moyen avec un très bon mental qu'un très bon stratège avec un mental moyen. Sur le long terme, c'est le premier qui fera a différence. L'idéal étant évidemment d'être le meilleur possible dans les deux domaines...

Entre les meilleurs joueurs, ce qui fera la différence en terme de winrate, c'est tout ce qui a trait au metagame. Mais c'est aussi la résilience, la capacité à encaisser les coups durs, à jouer durablement son A game, à ne pas tilter.

 

Face à l'intelligence artificielle, l'homme n'a strictement aucune chance pour tout ce qui a trait à la puissance de calcul, l'aspect mathématique et stratégique du jeu. Idem en ce qui concerne la résilience et la capacité à jouer son A game en permanence.

L'IA est un monstre froid qui ne connaît pas le tilt, ne ressent pas la frustration, l'impatience, l'injustice et qui ne sera jamais agacé par sa copine parce qu'elle lui a demandé de descendre acheter une baguette juste après avoir pris dans la face un énorme bad beat. Bref, l'ordi lui, joue toujours à son meilleur niveau possible et ne commet a priori pas d'erreurs de calculs.

 

Manque de bol pour nos amis les microprocesseurs (et heureusement pour nous), il y a un domaine où l'humain conserve encore un assez net avantage. Cerise sur le gâteau, c'est sans doute, avec la résilience, la qualité la plus importante au poker. On appelle cela L'EMPATHIE. Dans ce domaine,  tous les meilleurs superordinateurs de la planète ont encore pas mal de progrès à faire.

Le jour où une IA pourra faire preuve de la même capacité d'adaptation, de la même créativité, de la même capacité à se mettre à la place d'autrui ou à optimiser le metagame, ce sera fini du genre humain. Ce n'est pas encore le cas. Car ce qui fait la force de l'ordi au poker est aussi sa faiblesse : l'ordi n'a pas de sentiments, il ne ressent rien.

Pour le dire autrement, le jour où une Intelligence Artificielle aura un sens de l'humour supérieur aux homo sapiens les plus drôles (Anne Roumanoff par exemple), les joueurs de poker pros onlines pourront illico changer de boulot ou bifurquer vers les cercles et autres casinos...

 

S'agissant plus précisément de ce duel Libratus-humains, il me semble quand même très discutable.  Pour au moins trois raisons :

 

1/ D'après ce que j'ai pu comprendre, Libratus met trois plombes à jouer. Apparemment, il lui arrivait de réfléchir plusieurs minutes avant de prendre sa décision. C'est juste grotesque et je me demande bien comment on a pu accepter cela ! Cela ne correspond absolument pas au rythme de jeu tel qu'il existe online où qu'un type normalement constitué peut encaisser sans que ça n'entame sa concentration et donc son A-Game.

Perso, si j'affronte un fish qui tank une minute preflop, puis une minute au flop, à la turn et à la river, je vais sit out au bout de trois mains. Ou alors, il faut vraiment que ce soit la quiche du siècle et qu'il y ait pas mal de pepettes en jeu !

 

Vous en connaissez beaucoup vous des joueurs normalement constitués capables d'accepter un rythme de jeu aussi lent sans allumer leur télé pour foutre Columbo sur TV Breizh, sans lire l'Equipe et leurs mails en même temps, tout en ouvrant Pornhub dans une petit fenêtre, histoire d'installer une petite ambiance tamisée dans la pièce ??!! Bref, sans perdre le fil du jeu et se concentrer sur autre chose...

Pour moi, même le supplice de Tantale ou un concert live de la Castafiore ressemble à une aimable plaisanterie comparés aux conditions de jeu qu'on dû se coltiner nos quatre cobayes.

 

2/ Y a un autres gros problème dans cette histoire. C'est que notre Libratus se faisait visiblement aider tous les soirs par des joueurs de poker en chair et  en os pour l'aider à résoudre ses faiblesses et à mieux s'adapter. Ce qui du coup fausse complètement le duel. Ce n'est plus un duel entre l'homme et la machine mais plutôt entre l'homme et la machine aidée par l'homme. Ce n'est plus du tout pareil !

 

3/ J'ai tout de même un gros doute sur le fait que les quatre joueurs sélectionnés fassent parties de la crème de la crème en HU. Le poker a ceci de singulier par rapport aux autres sports ou jeux : un débutant peut battre le meilleur joueur du monde (sur le court terme). Et les meilleurs joueurs ne sont pas forcément les plus célèbres ou les plus médiatisés...

 

Enfin, pour nuancer encore un peu plus le résultat final : un humain donnera plus facilement le meilleur de lui-même et jouera plus aisément son A-game en risquant son propre argent plutôt qu'en play money... Jouer au poker en play money, c'est un peu comme jouer au golf sans trou ou au tennis sans filet. On enlève un élément fondamental du jeu... et pas mal d'intérêt du coup.

 

Pour conclure ce pavé indigeste, il me semble que 5 conditions devraient a minima être réunies pour que ce type de duel soit crédible et représentatif :

1/ L'ordi doit adopter un rythme de jeu équivalent à ce qui se pratique habituellement online. Quelques secondes par coup, avec possibilité d'utiliser ponctuellement le timer.

2/ Aucune aide humaine extérieure pour l'IA.

3/ Idéalement, un duel sur 500 000 mains (comme le détaille ALex Luneau dans un récent et excellent article, la variance peu être énorme, même sur 100 000 mains...

https://www.winamax.fr/blog_team_blog-pour-une-saine-approche-de-la-variance-30072?param=blog-pour-une-saine-approche-de-la-variance-30072). Le tout face à 10 joueurs pour avoir un sample plus significatif. Et des temps de jeu raisonnables pour que ce soit supportable pour un humain.

4/ On joue 100 BB deep au départ, la profondeur de base online. Si le jeu devient trop deep (par ex 500 BB), on ouvre une nouvelle table. Les meilleurs humains ont une connaissance stratégique bien plus limitée du jeu ultra deep car ils le pratiquent rarement.

5/ On choisit les meilleurs winrates onlines en NL2000 ou NL1000 pour sélectionner les meilleurs joueurs humains. Ce qui était plus aisé du temps où feu PokerTableRatings  sévissait encore. Mais bon, peut-être que les rooms ont ça en magasin...

 

Bon, je vous laisse, de toute façon tout le monde s'en fout et Columbo va commencer.

 

PS : pour Anne Roumanoff, c'était censé être de l'humour...

 

 

 

 

 

Modifié (le) par mizar2001

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Il y a 2 heures, mizar2001 a écrit :

Mon humble avis -  lequel n'a pas changé malgré ce résultat récent - est que les meilleurs joueurs feront encore pas mal de résistance face aux meilleurs programmes et autres bots en NL Holdem. Pour une raison essentielle : avant d'être un jeu de stratégie et un jeu mathématique, le NLHE est avant tout, surtout, d'abord et essentiellement un jeu mental et un jeu d'adaptation.

En d'autre terme, c'est un jeu où le QE (quotient émotionnel) est plus important encore que le QI, la puissance de calcul et autres capacités analytiques. C'est d'ailleurs, probablement, l'une des raisons pour lesquelles aucun des meilleurs joueurs d'échecs au monde n'a cartonné durablement au poker.

Pas du tout d'accord. En fait je crois que les humains sont tellement loin d'être techniquement parfait au poker, que pendant longtemps c'est le mental qui a primé. Les top players en CG HU étaient ceux qui géraient le mieux la metagame, le tilt etc... Et petit à petit la tendance s'est inversée et maintenant la majorité des joueurs considérés comme top players ont une approche très GTO dans laquelle le but n'est pas de s'adapter mais juste d'être techniquement le meilleur possible.

Et justement si un bot sans émotions peut crush des top players c'est bien qu'en réalité ça n'a pas d'importance quand on est techniquement proche de la perfection.

 

Il y a 2 heures, mizar2001 a écrit :

2/ Y a un autres gros problème dans cette histoire. C'est que notre Libratus se faisait visiblement aider tous les soirs par des joueurs de poker en chair et  en os pour l'aider à résoudre ses faiblesses et à mieux s'adapter. Ce qui du coup fausse complètement le duel. Ce n'est plus un duel entre l'homme et la machine mais plutôt entre l'homme et la machine aidée par l'homme. Ce n'est plus du tout pareil !

Non, il ne se faisait pas aider par des joueurs de poker. C'est Noam Brown le créateur du bot qui travaillait dessus le soir. C'est un doctorant en théorie des jeux, même pas sûr qu'il batte la NL2 online.

Je trouve ça aussi un peu spécial que le bot puisse être changé en cours de partie. Ca me paraitrait plus éthique qu'il reste le même du début à la fin, quitte à la implémenter des capacités d'auto-modification. Mais je crois pas non plus que ce soit scandaleux... Les humains eux-aussi ont eu de l'aide extérieure (sessions avec d'autres top players etc...).

 

Il y a 2 heures, mizar2001 a écrit :

3/ J'ai tout de même un gros doute sur le fait que les quatre joueurs sélectionnés fassent parties de la crème de la crème en HU. Le poker a ceci de singulier par rapport aux autres sports ou jeux : un débutant peut battre le meilleur joueur du monde (sur le court terme). Et les meilleurs joueurs ne sont pas forcément les plus célèbres ou les plus médiatisés...

Ces 4 là ne sont pas du tout les plus célèbres ou les plus médiatisés... Justement ils ont le profil inverse. Et quand des mecs qui font autorité comme Galfond ou Doug Polk viennent également confirmer que ce sont 4 top players HU, je pense que c'est largement suffisant pour qu'il n'y ait plus vraiment débat.

 

 

Conclusion : J'étais à fond pour les humains lors de ce match, et moi aussi je trouve que les conditions de jeu étaient vraiment pas idéales. Mais faut pas oublier que les mecs qui ont organisé ça à la base ce sont pas des joueurs de poker... ce sont des universitaires, chercheurs en théorie des jeux qui connaissent pas tout ce monde. Et franchement je trouve que dans l'ensemble leurs 2 challenges (Claudico et Libratus) étaient bien faits. Ils ont choisis 4 vrais top players (pas comme les chercheurs de l'université d'Alberta), ils ont proposé du streaming... Et à la fin le résultat est sans appel. Du 15bb/100 sur 120.000 mains avec du duplicate poker (ce qui réduit énormément la variance), il y a juste pas photo.

 

Dans tous les jeux, échecs, backgammon, go, poker, il y a une période où l'humain est clairement meilleur, puis une transition et l'IA devient plus compétente. Aujourd'hui c'est clair et net que l'IA est devenue plus compétente que l'humain en CG HU NLHE. Félicitations à l'équipe de Carnegie Mellon :)

Modifié (le) par Pad

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Il est normal que les humains que nous sommes soient dans un premier temps excités puis aigris. Puis on fini par assumer que ces machines sont encore bien bêtes. Ce qui mène peu après à se rendre compte qu'elles pourraient réellement améliorer nos vies.

Modifié (le) par jou0eur

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à l’instant, Pad a écrit :
Il y a 2 heures, mizar2001 a écrit :

2/ Y a un autres gros problème dans cette histoire. C'est que notre Libratus se faisait visiblement aider tous les soirs par des joueurs de poker en chair et  en os pour l'aider à résoudre ses faiblesses et à mieux s'adapter. Ce qui du coup fausse complètement le duel. Ce n'est plus un duel entre l'homme et la machine mais plutôt entre l'homme et la machine aidée par l'homme. Ce n'est plus du tout pareil !

Non, il ne se faisait pas aider par des joueurs de poker. C'est Noam Brown le créateur du bot qui travaillait dessus le soir. C'est un doctorant en théorie des jeux, même pas sûr qu'il batte la NL2 online.

Je trouve ça aussi un peu spécial que le bot puisse être changé en cours de partie. Ca me paraitrait plus éthique qu'il reste le même du début à la fin, quitte à la implémenter des capacités d'auto-modification. Mais je crois pas non plus que ce soit scandaleux... Les humains eux-aussi ont eu de l'aide extérieure (sessions avec d'autres top players etc...).

De ce que j'ai compris personne n'a touche au bot entre les sessions, c'est le bot lui-meme qui analysait la partie et adjustais sa strategie. Le bot a la base a juste appris les regles du jeu, il a simule XXXXXXX parties et appris par experience et apres chaque session il a analyse comment jouer son/ses adversaires pour adjuster

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Une des applications possibles de l'algo á la based de Libratus: prévenir une épidémie de grippe en designant des smart drugs 

https://www.extremetech.com/extreme/244057-how-a-poker-playing-ai-could-help-prevent-your-next-bout-of-the-flu

Quote

What does this have to do with health care and the flu? Think of disease as a game between strategic entities. Picture a virus as one player, a player with a certain set of attack and defense strategies. When the virus encounters your body, a game ensues, in which your body defends with its own strategies and hopefully prevails. This game has been going on a long time, with humans having only a marginal ability to control the outcome. Our body’s natural defenses have been developed in evolutionary time, and thus have a limited ability to make on the fly adaptations.

But what if we could recruit computers to be our allies in this game against viruses? And what if the same reasoning ability that allowed Libratus to prevail over the best poker minds in the world could tackle how to defeat a virus or a bacterial infection? This is in fact the subject of a compelling research paper by Toumas Sandholm, the designer of the Libratus algorithm. In it, he explains at length how an AI algorithm could be used for drug design and disease prevention

 

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News

Dans un entretien auprès de Card Player, l'un des développeurs de Libratus estime que la machine "pourrait être capable de battre les humains à une table de six joueurs d'ici deux ans". Le championnat annuel de poker entre ordinateurs va d'ailleurs ajouter cette catégorie à ses compétitions.

[...] Lire la suite…



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Le 06/02/2017 à 16:45, HugoBoss a écrit :

Pourquoi est-ce que ce board "nécessite" plusieurs sizings si l'application correcte de la stratégie théorique optimale est impossible pour un humain ?

Même si le GTO demande 3 sizings dans plein de situations, c'est pas pour autant qu'on doit s'efforcer de suivre ses préceptes si ça implique qu'on joue encore moins bien qu'avec un sizing au final.

La nécessité elle vient de maximiser son EV d'humain à humain, si je joue parfaitement une stratégie à un seul sizing je vais faire beaucoup plus de profit qu'essayer de copier Pio et ses 3 sizings (pour faire n'importe quoi au final).

A cause du pavé insipide et totalement ininterressant de mizar vous êtes passé à coté de cette intervention qui est tout à fait juste 

Modifié (le) par Prout

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